Découvrez Mantis Bug Tracker

Une tapette, pour chasser les insectes

Comme son nom l’indique, Mantis Bug Tracker sert à suivre les anomalies logicielles, c’est-à-dire, pour faire simple, tracer les bugs, à partir du moment où il a été découvert jusque la résolution et la validation, en passant par la qualification. Mais pas que.
Comme je vais faire plusieurs articles sur Mantis Bug Tracker, autant poser les bases.
Nous allons donc découvrir cette application de gestion et de suivi de tickets, comment l’installer, et faire les premiers réglages pour créer des tickets.

Pourquoi une telle application ?

La première utilité d’une application de suivi de bug est… le suivi des bugs.
D’abord un problème est remonté, par le client, le testeur, …
A partir de là, un ticket est ouvert, c’est-à-dire une fiche avec un numéro unique permettant de donner une référence et une description au problème, et ainsi en parler précisément.
Une fois le ticket ouvert, le plus souvent par le support, l’analyse qui va déboucher sur la qualification du problème, puis la correction, la validation, ainsi que la livraison peuvent être planifiés aux moments opportuns.
A chaque étape, l’acteur concerné met à jour sa partie.

De cette manière de procéder se dégagent deux bénéfices :

  • ne rien oublier, faire en sorte qu’un bug ne passe pas à la trappe.
  • être toujours capable de dire où on en est pour un problème donné, ce qui intéressera notre client, nos validateurs, notre chef, …

Notez également ceci : l’application de suivi de bug ne suit pas que les bugs au sens anomalie, mais également les améliorations et les nouvelles fonctionnalités.

Pourquoi Mantis Bug Tracker ?

Logo Mantis Bug TrackerD’abord parce que c’est une application gratuite et open source.
Ensuite, nous avons choisi cette application parce qu’elle est écrite en PHP et est capable de travailler avec MySQL, ce qui colle parfaitement avec les prérequis de nos serveurs, et avec nos habitudes.

Quelques alternatives s’offraient tout de même à nous :

  • Flyspray : en PHP/MySQL, aurait très bien pu convenir également
  • bugzilla : développé par Mozilla, écrit en Perl
  • Redmine : application Web de management de projets écrite en Ruby, incluant un système de suivi d’anomalies
  • Trac : système de wiki écrit en python, qui permet aussi de suivre les bugs.

La liste n’est bien sûr pas exhaustive. Et je ne parle même pas des services en ligne de gestion de tickets, comme celui de Sourceforge par exemple.

Installation

L’installation est simple, elle se résume en trois étapes.

Première étape, création de la base de données

Accédez à votre gestionnaire de bases de données (phpMyAdmin par exemple).
Si vous avez installé et conservé votre environnement local XAMPP, dans le panneau de contrôle, si ce n’est pas déjà fait, démarrez les services Apache et MySQL, cliquez sur le bouton ‘Admin‘ de la ligne MySQL pour démarrer phpMyAdmin dans votre navigateur.
Créez une nouvelle base de données, en cliquant sur ‘Bases de données‘ en haut de la page d’accueil, puis donnez lui un nom, par exemple ‘mantisbt_test‘.
Là encore, nous créons une base vide que l’installeur de Mantis Bug Tracker va garnir de ses tables.

Deuxième étape, décompression des sources

Téléchargez la dernière version stable sur la page Download du site.

L’archive zip contient un dossier mantisbt-<version>, par exemple mantisbt-1.2.14.
Décompressez ce dossier dans le document root de XAMPP (vous savez, dans xampp/htdocs/) et renommez le en ‘mantisbt‘ tout court.

Troisième étape, installation et première configuration

Accédez à Mantis Bug Tracker avec votre navigateur, à l’adresse http://localhost/mantisbt/.

Comme il s’agit du premier lancement, le processus d’installation est démarré automatiquement et vous interroge sur la base de données. Indiquez-lui :

  • Type of Database : laissez MySQL
  • Hostname (for Database Server) : laissez ‘localhost
  • Username (for Database) : laissez ‘root
  • Password (for Database) : laissez vide
  • Database name (for Database) : le nom de la base de données créées juste avant : ‘mantisbt_test

Le reste doit rester vide et non coché.

Configuration de la base de données
L’écran de configuration de la base de données
Validez, la création des tables dans la base de données se fait, et à l’écran suivant, deux ‘possible problems‘ sont relevés concernant notre mot de passe et l’admin user name vides. Ces deux erreurs sont cohérentes et ne doivent pas être prises en compte.
Le reste doit être ‘GOOD‘.

Ensuite vous pouvez retourner sur la page d’accueil à l’adresse http://localhost/mantisbt/.

Là, deux avertissements sont affichés :
– le premier indique que le compte ‘administrator‘ devrait être désactivé ou son mot de passe changé, vous pourrez le faire une fois connecté.
– le deuxième indique que le répertoire de scripts permettant de faire des mises à jour est toujours présent et devrait être supprimé manuellement. Faites le pour faire disparaître cet avertissement : supprimez le dossier ‘admin‘ qui se trouve dans ‘htdocs/mantisbt‘.

Configuration

Vous pouvez maintenant vous connecter avec le compte par défaut. L’identifiant est ‘administrator‘, le mot de passe est ‘root‘.

Page de connexion de Mantis Bug Tracker
La page de connexion

Création d’un projet

Mantis Bug Tracker regroupe les anomalies par projet.
Il s’agit par exemple d’un projet par application que vous gérez, ou encore d’un ensemble d’applications qui appartiennent à votre solution. A vous de choisir ce qui correspond le plus à votre besoin.

Juste après la première connexion, l’interface vous propose de créer un projet. Si ce n’est pas le cas, cliquez sur ‘Manage’, puis sur ‘Manage projects’ et enfin sur ‘Create new project’.

Créons par exemple un projet :

  • Project name : par exemple ‘Mon application
  • Status : laissez ‘development‘, ce qui veut dire que le projet est actif et en cours de réalisation
  • Inherit global categories : laissez coché, nous allons bientôt voir ce qu’est une catégorie
  • View status : laissez ‘public‘, ainsi tous les utilisateurs connectés pourront voir le projet. Autrement, avec un projet privé, les utilisateurs pouvant accéder au projet devront être déclarés, avec un niveau d’accès propre au projet.
  • Description : une description, comme d’habitude la plus explicite possible.

Nouveau projet Mantis Bug Tracker
Nouveau projet
Maintenant que le premier projet est créé, nous pouvons changer la langue de l’interface (dans la version 1.2.14, ce n’est pas possible avant d’avoir créé au moins un projet…).
Pour cela, cliquez sur ‘My account‘, puis sur ‘Preferences‘.
Changez le paramètre ‘Time zone‘ pour ‘Europe/Paris‘ et le paramètre ‘Language‘ pour ‘french‘. Validez.

Création des catégories

Les catégories permettent de classifier les bugs d’un projet. Le concept est ouvert, alors vous pouvez les gérer comme vous le souhaitez. Par exemple une catégorie par équipe (architectes du logiciel, développeurs Web, graphistes, …), par brique logicielle (base de données, serveur, client, …), ou tout ce qui vous arrange.

Autant dire qu’il vaut mieux y penser le plus tôt possible.

Aussi ouvertes puissent être les catégories, deux choses sont à retenir :

  • les catégories peuvent être générales à tous les projets ou définies projet par projet
  • on ne peut sélectionner qu’une catégorie par ticket

Pour créer une catégorie commune à tous les projets, cliquez sur ‘Administration‘, puis sur ‘Gérer les projets‘ et ajoutez la catégorie.

Création d'une catégorie générale dans Mantis Bug Tracker
Création d’une catégorie commune à tous les projets
Pour créer une catégorie propre à un projet, toujours dans ‘Administration‘/’Gérer les projets‘, cliquez sur le nom du projet qui vous intéresse, et ajoutez la catégorie dans la section du même nom.

Création d'une catégorie pour le projet dans Mantis Bug Tracker
Création d’une catégorie pour le projet

Gestion des utilisateurs

Pour gérer les utilisateurs, cliquez sur ‘Administration‘ puis sur ‘Gérer les utilisateurs‘. Là, un tableau récapitule les utilisateurs qui existent déjà, avec leurs droits d’accès.

Cliquez sur l’identifiant d’un utilisateur pour le modifier ou sur ‘Créer un nouveau compte‘ pour en ajouter un.

Ajout d'utilisateur dans Mantis Bug Tracker
Ajout d’utilisateur
Plusieurs informations sont demandées :

  • Nom d’utilisateur : utilisé pour se connecter
  • Nom réel : utilisé dans les tableaux et les rapports
  • Courriel : adresse à laquelle les notifications sont envoyées
  • Droits d’accès : le niveau de permissions pour les projets publics
  • Protégé : permet de créer des utilisateurs partagés, comme un utilisateur ‘Clients‘ en lecture seule qui pourra être communiqué à tous les clients, mais qui ne pourront pas, par exemple, changer le mot de passe.

Comme nous l’avons vu, les utilisateurs déclarés ont accès :

  • à tous les projets publics, avec leur niveau d’autorisation global
  • aux projets privés auxquels ils sont inscrits par le manager du projet, avec des droits spécifiques.

Premières possibilités

Pour rapporter un bug, il suffit de cliquer sur… ‘Rapporter un bogue‘, et de renseigner ces champs obligatoires :

  • Catégorie : la catégorie telle qu’elle a été définie lors de la configuration de Mantis ou du projet (par exemple ‘base de données’, ‘serveur’, …)
  • Résumé : le résumé de ce qui est attendu
  • Description : une description plus fine de ce qui est attendu

C’est tout !

Mais le mieux pour la résolution des problèmes est de donner un maximum de détails pertinents. C’est là qu’interviennent les autres champs du formulaire :

  • Reproductabilité : facilité à reproduire le problème, qui va de ‘Toujours’ (le préféré du développeur) à ‘Impossible à reproduire’, en passant par ‘Quelques fois‘ et ‘Aléatoire‘.
  • Impact : l’impact, aussi appelé gravité, pour jouer sur la priorisation, qui va de ‘Fonctionnalité‘ à ‘Bloquant‘ (souvent à traiter le plus vite possible).
  • Priorité : la priorité à donner au ticket, plus lié à la demande, par exemple si un client fait pression sur le support pour avoir une correction plus rapidement. Elle va de ‘Aucune‘ à ‘Immédiate‘.
  • Plateforme/OS/Version : les renseignements concernant l’environnement de reproduction. Pour une application Web, ces champs peuvent correspondre au navigateur, par exemple : ‘Windows Vista/Internet Explorer 6
  • Profil : pour simplifier la saisie des trois champs précédents (ainsi que les filtres), il est possible dans l’administration de prédéfinir des profils de Plateforme/OS/Version
  • Version du produit : version du produit dans laquelle le problème a été rencontré, c’est-à-dire la version de la personne qui remonte le problème
  • Version ciblée : version ciblée pour implémenter l’objet du ticket
  • Assigné à : utilisateur désigné comme en charge du ticket
  • Etapes pour reproduire : le détail des étapes pour reproduire le problème, ce champ est fortement lié au champ reproductabilité
  • Informations complémentaires : comme son nom l’indique, d’autres informations qui pourraient être utiles à la résolution.
  • Joindre un fichier : il est également possible de joindre un ou plusieurs fichiers, par exemple des traces, des captures d’écran, des journaux d’exécution, …
  • Afficher l’état : le ticket peut être public ou privé. Ce champ est particulièrement utile si un compte anonyme existe, et que le ticket décrit une faille de sécurité. Pour éviter que l’information ne tombe entre de mauvaises mains, ce type de ticket devrait rester privé jusque sa résolution.

Nouveau ticket dans Mantis Bug Tracker
Création d’un nouveau ticket
Les versions peuvent être gérées dans les projets (dans l’administration). Nous reviendrons sur ce point dans un prochain article.

Une fois créé, l’état du ticket est ‘Nouveau‘. Au fur et à mesure de l’avancement, ce statut est mis à jour pour être :

  • accepté : le ticket a été revu par exemple par un développeur et sera résolu dans une version ultérieure
  • confirmé : l’objet du ticket a été confirmé
  • affecté : le ticket est planifié et affecté à un développeur
  • résolu : le ticket a été résolu
  • fermé : le ticket a été fermé après sa validation, ou bien ne sera pas résolu (ticket dupliqué, le problème ne vient pas du logiciel, …)
Liste des tickets dans Mantis Bug Tracker
La liste des tickets

Ce workflow est adapté aux équipes qui ont besoin d’un process solide pour bien fonctionner.

Néanmoins, une fois de plus, Mantis Bug Tracker est assez ouvert pour permettre de passer plusieurs étapes si l’équipe de développement est restreinte (elle est composée d’une ou deux personnes par exemple).

En clair, l’outil est assez flexible pour être aussi bien adapté aux toutes petites structures qu’aux équipes comptant de nombreux membres.

Le mot de la fin

Mantis Bug Tracker est simple d’utilisation et en même temps propose de nombreuses fonctionnalités, telles que les notes de tickets, la traçabilité des changements, les champs personnalisés, l’auto inscription des utilisateurs, les sous-projets, les notifications, le filtre, les statistiques, les modifications en masse, le chainage de tickets, une API SOAP pour l’intégrer au logiciel de suivi de clients, l’exportation dans différents formats, …

Dans ce premier article, nous n’avons fait qu’effleurer les possibilités offertes par l’outil.

Comme dit en introduction, Mantis Bug Tracker permet de suivre les bugs logiciels, mais ce n’est pas tout. Nous allons voir cela prochainement.

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